Je viens encore de lire un texte proposant de faire un parallèle entre ce que vit un navigateur et un chef d’entreprise. Seul à bord, tenir le cap, ne pas casser le bateau, affronter les éléments…

Cela fait des années que l’on nous sert cette métaphore ou celle du sportif de haut niveau ou encore celle de l’alpiniste…

Il y a des métiers qui paraissent plus inspirant que d’autres, mais surtout qui semblent illustrer qu’être chef d’entreprise c’est une compétition, il faut être le meilleur, ne pas s’avouer vaincu… ou bien c’est animer une équipe pour qu’elle soit la meilleure. Le paradigme est toujours le même.

Et puis il y a le jardinier. Il sème, il arrose, il récolte… il agit en phase avec son environnement, il s’occupe des autres.

Ce sont des métaphores différentes reflet de visions du monde différentes.

Il y a des métaphores pour chaque niveau de conscience, chaque paradigme. La métaphore nous nourri, elle donne à notre imaginaire un support et parle à notre cerveau droit, celui de l’intuition, de la compréhension immédiate.

Ma première réaction face à certaines métaphores est de les rejeter. Ces métaphores activent en moi certaines pensées ou croyances. Elles me branchent sur des expériences passées, des croyances anciennes et non mises à jour. Et elles me font peur car j’ai peur qu’elles suffisent à m’attirer dans une vision du monde que je peine à quitter. Elles agissent comme des élastiques qui me font revenir en arrière.

La Spirale Dynamique est un modèle qui illustre bien ces tensions. On y comprend que lorsque l’individu ou la société évolue, c’est en premier lieu en dépassant le niveau précédent et cela implique un mouvement de rejet ou tout au moins d’éloignement. J’ai ainsi besoin de rejeter les valeurs du modèle que je quitte pour mieux embrasser le nouveau, pour m’en démarquer et (me) montrer que j’ai bel et bien évolué. C’est un temps nécessaire avant une meilleure intégration pacifiée.

Réagir à une métaphore en la rejetant, c’est prendre conscience qu’elle nous parle de notre envie de passer à l’étape suivante. De l’envie qui signale que le chemin n’est pas encore fait et que notre position est fragile.