Une entreprise dite « libérée » est dans l’esprit de beaucoup une entreprise dans laquelle il n’y a pas de chef. Mais cela ne veut pas dire qu’il ne s’y exerce pas une certaine autorité. Bien au contraire. Comprendre comment faire autorité lorsque la gouvernance est partagée est l’objet de ce petit article.

L’autorité est toujours nécessaire

Je sais que cette réponse va décevoir beaucoup de ceux qui espéraient supprimer les chefs !

L’idée de la gouvernance partagée est de… partager la gouvernance. Mais cela ne veut pas dire que l’organisation abolit tout notion de hiérarchie. 

En fait c’est plutôt l’inverse. Il n’y a pas moins de hiérarchie dans un système de gouvernance partagée. Il n’y a certes plus une-seule-personne-qui-concentre-tous-les-pouvoirs. Ce pouvoir de décision est délégué entre plusieurs. Mais il n’est pas délégué à tout le monde, sans distinction, dans une vaste anarchie informe. 

Un pouvoir clairement distribué

Le pouvoir est très soigneusement distribué entre les membres de l’équipe selon des rôles bien définis. Ainsi, il n’y a que dans certaines petites équipes, que tous les membres de l’équipe, si elles font partie d’un même cercle, peuvent participer à toutes les décisions, en parité avec chacun de ses collègues. 

Dès qu’il y a attribution d’un rôle particulier, assorti de domaines de responsabilités, alors ce rôle détient un pouvoir de décision particulier que les autres n’ont plus. Il fait autorité sur le domaine. Si chaque personne de l’équipe détient un ou plusieurs rôles, alors elle détiendra, de fait, une partie de l’autorité de décision du système. Mais elle devra aussi accepter que ces collègues détiennent de leurs côtés d’autres attributions qu’elle n’aura pas. 

Du coup, dans ce système, il n’y a plus un chef que décide de tout tout seul. A la place il va y avoir un ensemble de personnes qui détiennent certains rôles qui leurs permettent de décider d’une partie des choses. Le tout de manière très claire et précise.

Des décisions collectives partagées

Tout ce qui concerne la stratégie collective, l’attribution des rôles, la coordination des activités de chacun, l’attribution des projets… concerne des décisions qui doivent être prise en équipe. Mais seulement par les membres du cercle concerné. Tout le monde ne décide pas de tout partout, mais seulement dans le cercle où il joue un ou plusieurs rôles. Et dans le cas de grosses structures, dans lesquelles certains cercles sont divisés en sous-cerces, seuls les premiers et seconds liens de ces cercles iront participer aux réunions décisionnelles du cercle supérieur. Tout le monde ne met pas son grain de sel partout.

Ainsi, nous avons là des systèmes très hiérarchisés dans lesquels nous sommes loin de voir tout le monde décider de tout, et encore moins, tout le monde faire tout ce qu’il veut librement.

La liberté dans une entreprise libérée, comme ailleurs, s’arrête là où commence celle des autres. Et, pour que cela fonctionne, les règles du jeu doivent y être bien présentes et fortement affirmées. Ceux qui espèrent un système flou et laxiste ne s’y retrouveront pas, c’est clair.

Pour aller plus loin et appliquer cela dans votre organisation, contactez-moi. Nous regarderons ensemble ce qu’il convient de faire dans votre cas particulier.