On parle beaucoup d’entreprises libérées et d’organisations Opales. Mais avant de chercher à libérer l’entreprise de sa hiérarchie ou d’autres contraintes organisationnelles, ne vaut-il pas mieux se demander ce qui nous empêche parfois de nous sentir libre là où nous travaillons ?

Qu’est-ce qui nous donne cette impression que l’entreprise doit être libérée et que cette liberté me rendra moi même plus libre. Libre de quoi?

Etre libre, c’est avoir le pouvoir de décider et d’agir par soi-même.

On a vu dans un précédent post que le système de gouvernance partagée n’excluait pas du tout la notion de hiérarchie et la contrainte d’avoir à interagir avec des gens qui ont une autorité ou des prérogatives qui peuvent contraindre mon propre travail. Alors si l’idée est que la gouvernance partagée va nécessairement me rendre plus libre, il n’est pas dit que cela donne pleinement satisfaction à tous…

La gouvernance partagée donne en fait à une équipe la possibilité de prendre des décisions par elle-même, au sein de l’équipe et avec le consentement de tous. Mais c’est uniquement à cette condition que le consentement est partagé et uniquement dans le cadre des prérogatives du cercle dans lequel se prend cette décision. Ce n’est pas sur la totalité des décisions de l’entreprise (quand il y a plusieurs cercles) et ce n’est pas au delà de celle-ci. 

Une liberté responsable

Il n’empêche que la liberté des uns devra nécessairement se confronter à la liberté des autres.

Dans la mesure où une décision se prend sur la base d’une tension, à partir d’une proposition et en tenant compte des objections et du consentement de tous, la question se pose également en d’autres termes : Suis-je libre d’oser m’affirmer et poser dans le groupe une tension qui me préoccupe ?

Sur le principe que les tensions émanent toujours d’un JE souverain, il m’appartient d’assumer mon ressenti, mes émotions, mes propres jugements. En toute souveraineté. Et c’est à partir de là que je dois oser proposer une solution, oser objecter, oser donner mon consentement. 

La souveraineté permet la liberté

Oser sa souveraineté, c’est assumer ce que l’on est à l’instant où l’on interagit avec les autres. C’est s’affirmer en conscience, en confiance de soi, dans le pouvoir de l’intention, avec lâcher-prise. C’est être libre d’oser dire, d’assumer son propos et sa différence. C’est avant tout être conscient et ainsi être en capacité de choisir son comportement et ses réactions au delà de la pulsion ou des conditionnements. En analyse transactionnelle, on travaille cela en terme de scénario de vie et des injonctions qui vont avec.

La liberté intérieure vient avec l’alignement, la conscience de l’instant présent et la capacité à être présent au plus profond de soi et donc en présence du Tout.

C’est en cela que la pratique de la Gouvernance partagée est aussi un chemin de sagesse. Elle nous engage sur cette voie de la libération. Et collectivement, c’est toute l’humanité que cela fait.

 

Voir aussi :

Faire autorité dans une gouvernance partagée : une hérésie ?