A quoi sert la supervision lorsqu’on est coach ou consultant, quels en sont les bénéfices et quels sont les avantages à la pratiquer en groupe ?

Pourquoi se faire superviser ?

Se faire superviser en situation d’accompagnement individuel ou d’équipe est une pratique que notre professionnalisme ne saurait négliger. Toutes les écoles de coaching et les organismes de certification sont d’accord là-dessus.

Pourtant, il est des moments où l’on hésite à franchir le pas, notamment lorsqu’on débute dans le métier et que l’on n’a pas encore beaucoup de clients. La supervision a un coût et si l’activité n’est pas encore très développée, il peut paraître excessif. D’autant que sans client, nous avons peu de situations à faire superviser. Et oui. Sauf à considérer que parfois le manque d’activité provient d’une difficulté du coach débutant à se sentir suffisamment en confiance ou en légitimité pour réussir à bien se vendre. C’est aussi prendre en considération que l’activité appelle l’activité et que se mettre en situation « normale » de travail nous permet d’avoir plus de missions.

Que travaille-t-on en supervision ?

La supervision, c’est le lieu du travail sur la posture. On y travaille certains cas clients, certes, mais toujours sous l’angle de la posture. La supervision traite peu du contenu des missions, souvent des stratégies d’intervention, mais essentiellement de la manière dont le professionnel se positionne dans le contexte de ses missions.

Par exemple, dans les dernières séances de supervision que j’ai réalisées, les objectifs étaient :

  • Explorer ce qui se passe dans une situation donnée afin de repérer les jeux mis en œuvre et trouver une juste manière de se positionner afin de les déjouer
  • Faire un point sur un coaching dans lequel je ne me sens pas à l’aise et voir comment mettre fin à cette situation
  • Examiner s’il est acceptable de donner suite à une demande d’intervention avec laquelle je ne suis pas à l’aise. Que se joue-t-il là pour moi ?
  • Je dois faire la restitution d’un diagnostic, mais je ne sais pas exactement comment m’y prendre. J’aimerais exposer ici ce que j’ai prévu et que tu me fasses un retour sur ce que tu en perçois.

Ne peut-on pas se superviser tout seul ?

Tout professionnel que l’on soit, il nous est impossible de soutenir une thèse qui serait de s’imaginer tellement fort que l’on pourrait se croire infaillible. Ceux qui ont de l’expérience ont pu mesurer comment une prise de recul et un point de vue extérieur leur a déjà permis de mieux saisir une situation et trouver un juste chemin pour mener leur accompagnement. Et ceux qui n’ont pas encore cette expérience seront friands de partager celles de leurs ainés s’ils ne sont pas trop préoccupés de paraitre forts pour s’imaginer davantage crédibles. 

Et comment voir ses limites sinon en se confrontant à un regard extérieur neutre, bienveillant et expérimenté? Il est des situations ou des sujets ou nous avons perdu l’humilité de se savoir faillible et ou l’illusion de croire que l’on sait vient prendre le dessus sur notre capacité à nous remettre en question.

Les jeux psychologiques inévitablement à l’œuvre dans les processus de changement sont très puissants. Ils présentent de nombreuses amorces qui vont venir titiller le consultant sur ses propres zones d’ombre. C’est normal. Ce qui n’est pas sain serait d’ignorer cela et de se croire à l’abri ou tout puissant pour y faire face seul. Dans l’action, nous n’avons plus de recul. (Comme quand j’ai du noir sur le nez. Tout le monde le voit, sauf moi). Et seul face à moi-même, je peux facilement me bercer d’illusions et maintenir mes méconnaissances ou un raisonnement biaisé.

Ce qu’apporte la supervision

Le regard neutre et averti du superviseur permet de déjouer cela. Du fait du rôle qu’il prend et grâce à la justesse de sa posture, le superviseur apporte un recul et un discernement qui permettront de mieux observer les jeux à l’œuvre dans la situation que lui apporte son client. En outre, il pourra également mesurer dans quel registre est le consultant à travers l’énergie qu’il apporte en séance. L’enjeu de la supervision n’est pas d’évaluer la compétence du coach ou du facilitateur, c’est de l’aider à prendre conscience de sa posture, et à clarifier sa stratégie d’intervention et ses méthodes. Ce sont aussi les répercussions de l’activité professionnelle sur la vie personnelle du professionnel (ou parfois l’inverse) qui viennent parfois créer des projections et des introjections qu’il conviendra de repérer et de traiter. Là, le superviseur invitera son client à s’adresser à son thérapeute personnel. 

Personnellement, lorsque je réalise la supervision d’un confrère, je trouve toujours magique de constater que la seule prise de conscience de ce qu’il met en jeu dans la circonstance permet immédiatement une libération de l’énergie.  Le client retrouve alors immédiatement sa puissance d’intervention. Et en plus, cette expérience de supervision lui resservira toujours car elle viendra compléter la collection des situations vécues et renforcera son expérience.

La supervision en groupe de pairs

Et si la supervision peut se faire dans un groupe de pairs, le superviseur réalisant les supervisions successives de chacun sous le regard de tous les autres, alors l’apprentissage et les répercussions sont amplifiées d’autant. Personnellement, je ne suis jamais resté indifférent ou insensible à ce qu’apportait en supervision mes collègues. C’était parfois une situation similaire à celles que je vis, une difficulté que je constate avoir dépassée ou au contraire un « problème » qui n’en était pas un pour moi, par méconnaissance. La supervision permet en outre de travailler son humilité et sa confiance face à ses pairs et de se sentir faire partie d’une même communauté de pratique. Cela crée aussi des liens forts entre confrères.
Et cela, dans les métiers d’accompagnement, c’est important aussi.

Dans tous les cas, si vous voulez plus de renseignements et connaître mon offre de supervision, contactez-moi. A bientôt.